La souveraineté du Québec est-ce une position personnelle ou est-ce une collective ? L’exercice démocratique est un geste personnel à portée collective. Actuellement, on assiste à une surenchère des définitions du nationalisme québécois. Faire le choix d’un pays n’est pas banal, mais ce n’est pas l’enjeu de la prochaine élection. Ce sujet occulte d’autres problèmes criants d’urgence : le dépérissement des infrastructures, l’éducation, l’adaptation nécessaire aux bouleversements climatiques, etc.
Alors, commençons par définir le nationalisme. Pour certains, le nationalisme précède la montée du fascisme ; pour d’autres, c’est la manifestation politique d’un peuple. Évidemment entre ces deux visions se décline un univers de nuances plus pertinentes les unes que les autres. René Lévesque était pour un nationalisme civique, cette vision plus territoriale et compatible avec les droits et libertés individuels. Il avait travaillé comme journaliste lors de la Deuxième Guerre et cela expliquerait sans doute en partie sa méfiance envers le nationalisme ethnique.
Actuellement au Québec, on constate un certain affrontement entre deux courants de pensée. L’empire Québecor qui possède 40 % de l’espace médiatique permet une surexposition d’opinions de nationalistes ethniques par le biais de ses chroniqueurs. Mathieu Bock-Coté diabolise les tenants du nationalisme civique en les qualifiant de wokes et en dénonçant une hégémonie culturelle de gauche dans la société québécoise. Joseph Facal le suit et Richard Martineau ferme la marche, il ne veut pas de projets de société. Cette surexposition se manifeste par une stigmatisation systématique des citoyens issus de l’immigration et des personnes plus à gauche.
Est-ce que cette hégémonie culturelle existe ?
Je ne le crois pas. Actuellement aucun courant social ne domine clairement. Un sondage Pallas nous rappelait qu’une majorité de Québécois logeait au centre gauche. C’est bien là le problème. Les partis politiques présents sont très majoritairement de centre droit ou carrément à droite. Où est la représentativité de l’opinion populaire ? On pourrait même supposer un certain gramscisme de droite avec la rhétorique de Mathieu Bock-Coté et ses acolytes de l’empire Québecor. Ils dénoncent le multiculturalisme, la gauche diversitaire, une laïcité à contrainte variable, etc. Cette manière d’inonder le champ médiatique pour persuader l’opinion publique de sa pertinence s’apparente à de la propagande.
Je voterai pour QS
J’ai écrit que je veux voter pour un parti. J’aurais aimé voter pour une formation de centre gauche dont la préoccupation majeure aurait été les adaptations nécessaires aux bouleversements climatiques. Un regroupement qui aurait choisi d’orienter les politiques publiques et les décisions d’investissement face aux crises climatiques et sociales du XXIe siècle. Un parti qui nous aurait proposé un nouveau pacte fiscal avec les municipalités afin que ces dernières soient en mesure de répondre aux besoins lors de crues soudaines, de glissements de terrain, d’affaissements routiers, etc. Un parti qui aurait compris que les finances publiques sont serrées, mais qui aurait choisi d’investir dans l’éducation. Une organisation qui ferait la promotion de la santé en aval du curatif. Un gouvernement qui s’inspirerait de Kate Raworth et proposerait aux Québécois de travailler ensemble à bâtir un endroit résilient où il fera bon vivre malgré les bouleversements à venir, car on augmenterait l’agilité du système en rapprochant le pouvoir des citoyens.
Je voterai pour Québec solidaire. Il y a trop de partis à droite, je vote pour rétablir un équilibre.
