L’affection du peuple est la seule ressource qu’un
Prince puisse trouver dans l’adversité.
Nicolas Machiavel (1532) Le prince
La peur, l’anxiété et l’angoisse sont toutes des raisons qui font en sorte que plusieurs personnes préfèrent fermer les yeux. C’est exactement ce que je faisais lors d’un tour dans les montagnes russes. Mon astuce est simple, je minute le temps du trajet, je monte et je me ferme les yeux en me disant que ça ne durera pas longtemps. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour faire plaisir aux enfants ? Si ma solution fonctionne à merveille pour un tour de manège, elle est complètement inadaptée devant les enjeux auxquels nous devons faire face aujourd’hui et dans un avenir proche.
Savez-vous ce qu’est l’authenticité ? Selon moi, c’est relativement simple, il s’agit d’être soi-même et de s’accepter sans complaisance. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est beaucoup, beaucoup plus simple que de mentir ou de faire semblant. Évidemment, toute vérité n’est pas bonne à dire. Ma mère me l’a enseigné lorsque j’avais huit ans. J’ai compris qu’il est plus simple de se taire que de mentir et je m’en suis fait une règle d’or. Mes proches vous diront que le tact n’est pas ma marque de commerce, mais je suis une amie loyale et amusante la plupart du temps.
Je veux participer à l’effort collectif. Dans la soixantaine, j’entame ma dernière ligne droite. J’ai envie de partager ce que j’ai compris. J’ai fait tant de choses et fréquenté tant de milieux différents que cela m’assure une excellente polyvalence, du moins à mon avis.
Militante en quête d’un parti
J’aime la politique provinciale un peu comme d’autres aiment les sports télévisés. Je connais les joueurs et je les suis dans les médias. Mes proches vous diront également que j’étais parfois intense lors de discussions sur les sujets de gouvernance provinciale. Aujourd’hui, je suis plus calme. J’ai laissé tomber le militantisme en 2004, un an après que le PQ ait perdu le pouvoir.
Qu’est-ce que militer signifie pour moi ?
Je vais faire un bref retour en arrière afin de vous aider à comprendre ce que ça veut dire pour moi. En 1994, Jacques Parizeau promet la tenue d’un référendum si le PQ prend le pouvoir. J’adhère au parti québécois. Au premier référendum, j’avais 17 ans, donc je n’avais pas le droit de vote. Cette fois, ce serait la bonne, et dans tous les cas, je voulais participer activement. Je n’étais pas riche et je ne le suis d’ailleurs pas devenue. Alors à défaut d’engloutir de grosses sommes, même si cela vous assure une oreille plus attentive de la part des puissants, j’ai investi du temps. Ainsi, je passais plusieurs heures par semaine à travailler bénévolement pour augmenter l’adhésion au parti.
J’habitais Hochelaga-Maisonneuve. Madame Louise Harel en était la députée. Elle fut nommée ministre après l’élection. Je tiens madame Harel en très haute estime, je crois qu’elle fut une excellente politicienne avec une pensée sociale-démocrate. J’ai été présidente pour le parti québécois d’Hochelaga-Maisonneuve durant quelques années. Mon souvenir de la campagne référendaire de 1995 n’est pas celui des chefs, mais celui d’une militante comme tant d’autres. Ceux et celles qui appelaient les personnes du comté inscrites sur les listes électorales pour échanger avec elles au sujet du pays en devenir. De nos jours, Catherine Dorion fait la promotion du contact direct. Mon expérience d’il y a trente ans me démontre que cette méthode est très efficace.
En 1995, le parti québécois était au pouvoir. Nos listes téléphoniques étaient bien dressées, les élections étaient récentes. On connaissait nos sympathisants, les indécis et les adversaires. De la première semaine du déclenchement de la période référendaire à la troisième, le nombre de sympathisants augmentait quotidiennement. L’atmosphère était joyeuse, on avait le vent dans les voiles. Puis sont arrivés le gros Love-in à Montréal et Jean Chrétien qui nous a dit qu’il nous avait compris. Durant la quatrième semaine, les gains étaient plus faibles. Bien des indécis nous confirmaient qu’ils préféraient donner une autre chance au Canada. On savait que ça se jouerait au coude à coude.
À ce moment-là, j’ai découvert la force d’un peuple.
Pas un groupe ethnique tissé serré, mais un peuple formé d’individus qui avaient le gout de bâtir ensemble le pays, un pays à leur image. La défaite crève-cœur à 49,4 % valait tout de même mieux qu’une victoire à 50,1 %. Une mince avance aurait été difficile à faire respecter et cela aurait forcément entrainé d’interminables contestations. De toute évidence, la passion canadienne pour les Québécois s’est un peu évaporée depuis. À l’époque, je croyais naïvement que la faiblesse de la défaite amènerait le parti à poursuivre sa pédagogie souverainiste. Mais non, Lucien Bouchard disait vouloir attendre les conditions gagnantes.
En 2003, le parti québécois savait pertinemment qu’il perdrait les élections, de la même manière que la CAQ le sait aussi. Madame Léger savait qu’elle ne serait plus ministre, mais qu’elle conserverait son siège. J’étais devenue la présidente du PQ du comté de Lafontaine. Ce comté votait libéral et le PQ peinait à récolter le 15 % des voix nécessaires pour obtenir le remboursement de la moitié des dépenses électorales par le directeur général des Élections du Québec. On me demanda si je voulais être la candidate « poteau ». Faire une élection dans un comté perdant pendant que le parti est en chute libre, cela signifie devoir compter sur soi-même et sur l’équipe que l’on réussira à former sur place. C’est beaucoup, beaucoup de travail. Mon père avait accepté d’être mon agent officiel même s’il était membre du parti libéral. Ça n’avait aucune importance, je voulais seulement boucler la boucle et tourner la page de mes aventures en politique active.
La politique est un panier de crabes
C’est une de mes grandes amies qui disait cela et après toutes mes aventures dans ce milieu, je peux vous dire que c’est vrai. Mais comme Thomas, je devais voir pour croire. Je ne regrette rien, car j’ai vraiment beaucoup appris. Je n’aime pas les contes de fées, vivre dans la réalité est une chose importante pour moi, et ce, même si actuellement je désire publier un roman. C’est l’âge qui me rend plus souple.
Ce que j’aimais en politique, c’était le contact avec les gens, les discussions au sujet de leurs aspirations, réfléchir ensemble sur ce qu’on voudrait comme société pour demain ! Cependant, le monde politique est un lieu de pouvoir et d’argent, le bien commun n’est pas toujours la motivation première. J’avais lu Le Prince de Machiavel au cégep, mais je pensais que ce n’était que de l’histoire et que le monde avait évolué. Aujourd’hui, je crois que si l’on devait retenir une seule chose, c’est que le passé est souvent garant de l’avenir. Or, les princes aiment le pouvoir et sont davantage animés par le désir de l’accroitre que par des préoccupations d’ordre moral. C’est ainsi que plusieurs pensent que la fin justifie les moyens. C’est peut-être ce qui explique les « brownies » dans la saga de Pablo Rodriguez. Enfin, je dois dire que mon séjour en politique comme militante active m’a appris que l’enfer était pavé de bonnes intentions. Quelqu’un m’avait déjà dit à l’époque que les adversaires siégeaient en face à l’Assemblée nationale, mais que les ennemis étaient assis à tes côtés. Je croyais naïvement que cela ne s’appliquait qu’aux élus.
Le tricheur
Jean-François Lisée a écrit un essai qui s’intitule « Le tricheur[ii] ». L’idée maitresse du livre est que Robert Bourassa aurait triché sur ses intentions réelles lorsqu’il a fait sa célèbre déclaration à la suite de l’échec de l’accord du lac Meech : « Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement ». (22 juin 1990)
Monsieur Lisée avait-il raison ? Peut-être que oui, peut-être que non. Moi, j’étais une simple militante, pas proche du pouvoir, une petite abeille comme les nommait affectueusement Louise Harel lorsqu’elle parlait des bénévoles. Mais je crois que Robert Bourassa avait plus de respect pour les Québécois que Lucien Bouchard. Cela tient probablement à leurs personnalités respectives. Je n’ai jamais voté pour Robert Bourassa, mais je pense que l’homme croyait au peuple québécois et à sa spécificité. Dans tous les cas, il n’a jamais traité ses commettants de paresseux à l’instar de Lucien Bouchard[iv]. Monsieur Bouchard semblait attendre la venue d’une illumination ou d’un miracle pour reprendre la promotion de l’idée de la souveraineté du Québec. Je me suis dit que si Robert Bourassa avait triché en laissant sous-entendre qu’il pourrait faire l’indépendance du Québec, Lucien Bouchard en a fait tout autant avec ses fameuses conditions gagnantes.
On ne fait pas pousser une fleur en lui tirant dessus.
C’est ce que m’avait dit le président de Montréal-centre du PQ pour calmer ma fougue, je lui avais répondu qu’une plante croit très mal sans eau pour l’abreuver. J’étais incapable de comprendre la stratégie d’affirmation nationale en veilleuse et l’espérance que les étoiles s’aligneraient pour créer des conditions gagnantes. Je suis plus persévérante que cela. Je bénévolais avec des gens qui comme moi avaient travailler fort pour la promotion du pays et qui avait le gout de continuer. Nous sentions que cela aurait pu être possible. Mais non, le chef voyait cela d’un autre œil.
Le PQ était reconnu pour ses divisions internes et ses chicanes sur la place publique. Moi, je n’aimais pas ça, car cette attitude nuisait à notre attractivité pour l’action politique au sein du parti. Qui sait, peut-être était-ce le but ? J’ai déjà dit que je croyais que Machiavel, ce n’était que de l’histoire ancienne. Alors que j’étais présidente du comté de Lafontaine, j’ai écrit une lettre à monsieur Bouchard pour lui demander de se retirer s’il n’avait pas l’intention de faire la promotion de la souveraineté du Québec. J’ai reçu l’approbation des membres de l’exécutif de la circonscription pour envoyer la missive à tous les députés péquistes élus à l’Assemblée nationale. Je vous déconseille fortement ce type de stratégie lorsque vous avez affaire à quelqu’un qui croit détenir la vérité. À la suite de cette lettre, j’ai vu des élus m’éviter dans les congrès du PQ, un peu comme on s’éloigne d’une pestiférée. D’autres élus m’ont expliqué que mon geste était périlleux, car le chef avait plutôt mauvais caractère. Enfin, tout n’est jamais totalement noir, ni complètement blanc.
Et maintenant…
Actuellement, je suis découragée de la classe politique et cet essai témoigne de mes inquiétudes. Je pense que les Québécois ont beaucoup perdu financièrement avec le gouvernement de la CAQ. Les gens qui dirigent ce parti semblent avoir très peu de respect pour le peuple québécois. Ils veulent enchâsser certaines valeurs comme la laïcité de l’État, mais ils coupent dans les secteurs structurants pour le développement de la société comme le financement de l’Éducation et celui des universités. Il fallait être drôlement culoté pour couper le financement des universités anglophones. Il y a là un problème de fond.
Au Québec, on parle français
Le français est notre langue commune. J’aime cette langue, sa sonorité et ses subtilités. Mais lorsque le gouvernement de la CAQ prétend protéger la langue, il le fait en pénalisant les universités anglophones. Il n’est pas le gouvernement des artistes et de la culture québécoise. Son projet d’Espaces bleus a tout simplement été abandonné.
On peut être fier de sa langue et de sa culture en étant polyglotte. La question de la fierté culturelle est plus fondamentale que la question de l’usage du français à la maison. Le français, c’est notre langue commune. En 2022, 79 % des Québécois utilisaient le français dans l’espace public ; chez les 18 à 34 ans, ce taux diminuait à 74 %[v]. Ce n’est donc pas qu’une affaire de loi, mais également de choix. Devrait-on aborder la question de la langue commune avec une optique différente ? Il s’agit d’un sujet auquel un candidat au poste de premier ministre du Québec devrait pouvoir répondre et proposer des pistes de solutions.
Le PQ de Paul St-Pierre Plamondon
Le PQ à l’époque Parizeau-Bouchard rassemblait des gens d’horizons idéologiques très différents. J’aimais discuter de la mécanique des fonds de placement éthique avec François Robello. Même si nous divergions d’opinions sur une foule de sujets, nous pouvions partager des idées, des connaissances, des impressions. Dans ce temps-là, il y avait une plus grande ouverture d’esprit qu’actuellement au PQ. Quand j’ai entendu Paul St-Pierre Plamondon traiter les gens de Québec solidaire de wokes. Je me suis demandé s’il voulait devenir chroniqueur au Journal de Montréal ou de Québec. Je ne trouve pas cela digne d’un homme d’État. On peut diverger d’opinions sur une multitude de sujets sans attaquer ses adversaires avec des formules vides de sens. J’ai été très déçue par le prétendant à la direction d’un futur pays.
Je veux un projet rassembleur
Vouloir créer une nation, c’est un projet emballant qui doit être rassembleur. J’aimerais que l’aspirant chef de la nation québécoise me parle des ponts qu’il entend tisser avec les Premières Nations qui vivent sur le territoire que l’on nomme actuellement Québec. J’aimerais qu’il me dise qu’il rétablira le financement des universités, les anglophones également. Que l’Éducation sera enfin une réelle priorité ! J’aimerais qu’il me décrive comment le nouveau pays du Québec comprendra le vivre ensemble. A-t-il l’idée de revoir le pacte fiscal avec les municipalités dans le cadre de la politique d’adaptation aux changements climatiques ? Je sais, comme vous, que toutes les fois où il se met le pied dans la bouche, on nous dit qu’il a été mal cité. Néanmoins, j’aimerais qu’il perde moins de temps à attaquer les autres et qu’il en passe plus à nous expliquer pourquoi nous serions mieux dans un pays souverain. Cela sans oublier qu’un pays, c’est davantage que des questions monétaires. Un pays, ça voudra dire des valeurs, des espoirs, des projets !
Le chef du PQ a bénéficié d’une couverture médiatique supérieure à celle de QS même si le parti n’a fait élire que 4 députés à ses débuts. Malgré ce fait, il n’a pas encore abordé publiquement ces questions. Je me demande pourquoi monsieur St-Pierre Plamondon veut un pays.
Un pays, qu’est-ce que ça donne ?
Après l’élection du PQ en 1994, une commission nationale itinérante sur l’avenir du Québec a été déclenchée et a entrepris de recevoir les mémoires et les commentaires des citoyens sur le projet de pays. Je m’étais séparé temporairement de mon conjoint et j’habitais un petit trois-pièces et demi dans Hochelaga-Maisonneuve. Les soirs après le travail, j’écrivais beaucoup mes impressions sur l’actualité et sur la société québécoise en général. Alors lorsque la commission a tenu ses audiences près de chez moi, j’ai imprimé mon brouillon et je me suis dit que j’irais présenter mes réflexions et mes questions aux commissaires. J’étais très gênée lorsqu’on m’a indiqué que je devais remettre mon document, ce n’était qu’un brouillon ! Enfin, il a dû être perdu dans la masse des documents remis.
L’humanisme avant tout
Ce soir-là, il m’est arrivé une anecdote digne de mention. À la fin de la consultation, deux hommes sont venus me féliciter pour ma présentation. Le premier était Michel Audet, qui était alors président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec. L’autre était Michel Chartrand, le très grand syndicaliste québécois. Cela m’a beaucoup amusé, car c’est dans des moments comme ceux-là que l’on constate les limites des étiquettes gauche ou droite. Ma pensée était davantage humaniste. Je m’inquiétais de la cohésion sociale. En 1995, le taux de chômage était encore important. La récession de 1990 avait laissé des traces. Je voulais faire réfléchir les commissaires sur l’importance d’inclure tout le monde dans ce grand projet. Je venais de terminer l’essai de Jean-Baptiste de Foucauld et Denis Piveteau « Une société en quête de sens ». J’avais peur de l’effritement de cette cohésion qui nous avait permis de réaliser la Révolution tranquille et de nombreux progrès sociaux. Je crois, comme Yuval Noah Harari,[vi] que l’humanité a réussi à atteindre son niveau de développement actuel grâce à sa cohésion dans l’action collective.
Des précisions sont nécessaires
De la campagne référendaire de 1995, j’ai gardé le souvenir d’un homme qui disait avoir voté oui en 1980, mais qui me demandait d’être convaincu à nouveau. Il m’expliqua ses craintes. Il redoutait que le Québec devienne un paradis fiscal et que les inégalités sociales deviennent la norme. Les très riches qui ne paient pas d’impôts et une majorité de travailleurs dans l’industrie des services comme le tourisme qui gagnent des petits salaires. Ma vision du pays n’allait pas du tout dans cette direction. Je lui ai raconté une anecdote survenue lors d’un échange avec Jacques Parizeau, alors premier ministre, dans le cadre d’une rencontre avec les présidents du parti québécois de Montréal. Je lui avais posé la question : advenant que la souveraineté du Québec, ferions-nous partie des pays promoteurs de la taxe Tobin[vii] (proposition de taxe sur les valeurs mobilières) ? Il m’avait répondu qu’effectivement un Québec souverain s’y intéresserait, que des alliances avec d’autres nations seraient possibles pour défendre nos valeurs sociales-démocrates. L’homme était plus circonspect que moi devant les paroles des politiciens. Néanmoins, il m’a dit à la quatrième semaine qu’il voterait pour la souveraineté du Québec, car il voulait que des projets comme ceux-là soient possibles.
Lorsque j’entends Lou-Adrian Cassidy ou Mounir Kaddouri ou encore Kinji00, je pense comme l’homme que j’avais convaincu. J’ai envie que ces jeunes aient la possibilité de réinventer le monde, de le réinventer à leur manière. Mais a-t-on besoin d’un pays pour cela ?
A-t-on besoin d’un pays ?
Oui et non, il est certain que d’avoir tous les moyens financiers et tous les pouvoirs décisionnels permet plus de choix sociaux. Mais il ne faut pas non plus être trop naïf, l’environnement du Québec ne changera pas demain et nos voisins américains semblent avoir un appétit impérial en ce qui concerne les Amériques. Alors, ce qui était possible en 1995 ne l’est plus nécessairement aujourd’hui. En revanche, les questions que je posais plus tôt sur une possible renégociation du pacte fiscal avec les municipalités, cela est du domaine provincial. C’est donc un objectif atteignable après une élection comme premier ministre du Québec. Cela donnerait des outils concrets pour répondre aux évènements climatiques au niveau local. Même chose du côté du financement de l’Éducation, c’est du domaine provincial.
Je veux voter pour un parti !
Pas voter pour le moins mauvais ou contre la CAQ. Je veux un parti qui prend un engagement clair pour une définition de barèmes stricts concernant le financement des entreprises. J’ai beaucoup ri lorsque j’ai vu passer l’expression BS corporatif. Si la ministre de la CAQ responsable de l’aide sociale trouvait que c’était bon pour les assistés sociaux de couper de cent millions au budget de son ministère, moi je crois que les entreprises doivent faire la preuve de la viabilité de leur projet avant que l’État investisse. Le financement doit être conditionnel à des retombées économiques et/ou sociales sur le territoire québécois. Le gouvernement de la CAQ a été très, très interventionniste pour sortir l’argent des coffres de la Caisse de dépôt et placement du Québec, d’Investissement-Québec et de tous ses ministères dits à vocation économique pour financer beaucoup d’entreprises avec le succès que l’on sait. Je crois que les Québécois méritent que l’on respecte les économies qu’ils ont su engranger au fil du temps et ce gaspillage éhonté n’est aucunement justifiable. Le prix de la meilleure bourde dans le domaine revient surement au ministre des Finances lui-même avec sa subvention de 5,6 millions pour la venue des Kings de Los Angeles à Québec. Il parait que le directeur des Kings, Luc Robitaille, est un bon ami de monsieur Girard. L’argent fait ce soir-là a contribué à payer le centre Videotron, déjà honoré en partie par le gouvernement du Québec, et dont la ville de Québec paie les déficits d’exploitation. Cela ressemble à du BS corporatif.
Un parti qui veillera à mes intérêts
Donc en résumé, je veux un parti qui gère les finances publiques pour les citoyens du Québec, pour améliorer le vivre ensemble de la société québécoise. Un parti qui s’engage à faire une vraie priorité de l’éducation et qui a un plan réaliste pour arriver à cette fin. Celui qui comprend que l’adaptation aux changements climatiques n’est pas une affaire ponctuelle et qui donne les moyens aux municipalités de faire face à ces nouveaux enjeux. Je veux un parti qui aime la culture québécoise et qui permet à nos artistes de la faire rayonner. Un parti qui prône l’inclusivité, c’est-à-dire des gens qui ont compris que l’ethnicité signifie l’appartenance à un groupe culturel et que le peuple comprend toutes les ethnicités qui vivent sur un même territoire limité par des frontières politiques. Tous les habitants du Québec sont des Québécois et ils ont tous les mêmes droits, sans exception !
[ii] Jean-François Lisée (1994) Le tricheur. Éditions Boréal. 580 pages
[iv] Pierre Fortin (2006) «Paresseux, les Québécois ?». L’Actualité. 30 novembre 2006. Consulté le 6 décembre 2025 à 12 :25 https://lactualite.com/lactualite-affaires/paresseux-les-quebecois/
[vi] Yuval Noah Harari (2016) Homo Deus. Éditions Mc Clelland & Stewart
[vii] La taxe Tobin est à l’origine suggérée en 1972 par le lauréat du prix Nobel James Tobin, comme une taxe sur les transactions monétaires internationales afin de limiter la volatilité du taux de change. https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxe_sur_les_transactions_financi%C3%A8res
Bravo Line pour cet essaie. Tu as définitivement la fibre d’une grande humaniste. Je te rejoint dans ce que tu écris ici. J’espère que PSPP en prendra bonne note et que la société évoluera avec toute la fierté d’un peuple en devenir.